Quand on parle de référencement, on pense à Google. C’est normal : selon StatCounter, Google représente 87,88 % du trafic issu des moteurs de recherche mesuré en Belgique en septembre 2026. Bing atteint 8,61 %. Mais sur ordinateur, Bing grimpe à 18,78 %, contre 76,09 % pour Google.

Ces chiffres ne justifient pas cinq stratégies SEO différentes. Ils méritent tout de même une vérification simple : un site visible dans Google l’est-il aussi sur les autres chemins par lesquels un client pourrait le trouver ?

Ce que disent vraiment les chiffres belges

Voici les moteurs les plus présents dans les mesures de StatCounter pour septembre 2026. Le détail par appareil change nettement la place de Bing.

Trafic issu des moteurs de recherche mesuré en Belgique, septembre 2026
MoteurTous appareilsOrdinateur
Google87,88 %76,09 %
Bing8,61 %18,78 %
Yahoo1,18 %2,50 %
Ecosia1,07 %1,00 %
DuckDuckGo0,76 %1,01 %
Yandex0,33 %0,37 %

Sources : StatCounter, tous appareils et StatCounter, ordinateur. Belgique, septembre 2026 ; valeurs arrondies.

Google et Bing dans le trafic issu des moteurs de recherche
Tous appareils

Google 87,88 % · Bing 8,61 % · Autres moteurs 3,51 %

Ordinateur

Google 76,09 % · Bing 18,78 % · Autres moteurs 5,13 %

Belgique, septembre 2026. « Autres moteurs » est calculé par différence avec 100 %. Il s’agit du trafic provenant des moteurs mesuré sur les sites du réseau StatCounter, et non de toutes les recherches effectuées.

La nuance est importante : StatCounter observe les visites provenant des moteurs vers les sites de son réseau. Il ne compte ni toutes les recherches faites par les Belges ni tous les prospects d’une entreprise. Une recherche sans clic vers un site n’est pas représentée dans cette mesure. Le chiffre de 18,78 % ne signifie donc pas qu’un prospect belge sur cinq utilise Bing.

Il montre néanmoins qu’écarter ce moteur d’emblée serait une mauvaise hypothèse. Pour savoir ce qu’il vaut pour votre activité, il faut examiner vos propres visites, vos pages visibles et les demandes reçues.

Safari n’est pas un moteur de recherche

La distinction paraît élémentaire, mais elle change la lecture des statistiques. Safari, Chrome, Edge et Firefox sont des navigateurs : ils servent à consulter le Web. Google Search et Bing sont des moteurs : ils répondent à une recherche. Un utilisateur peut choisir son moteur dans Safari.

En septembre 2026, Safari représente 24,88 % des pages vues par navigateur mesurées en Belgique par StatCounter. Cela ne veut pas dire qu’Apple réalise un quart des recherches belges : on compare ici deux indicateurs différents.

Apple intervient pourtant bien dans la découverte des pages. Son robot Applebot explore le Web pour des fonctions de recherche présentes notamment dans Siri, Spotlight et Safari. Apple décrit aussi plusieurs facteurs susceptibles d’influencer les résultats d’Apple Search, comme la pertinence du contenu, les liens et des signaux de localisation. Il n’existe pas de pourcentage « Apple Search » directement comparable aux parts de Google et de Bing dans le tableau ci-dessus.

Apple distingue en outre Applebot d’Applebot-Extended. Ce dernier n’explore pas les pages : il sert à indiquer si le contenu récupéré par Applebot peut être utilisé pour entraîner les modèles généraux d’Apple. Le refuser n’est pas un signal de classement pour Apple Search. Il s’agit d’un choix de publication distinct de la visibilité dans la recherche.

L’influence de Bing dépasse Bing.com

Un moteur utilisé par le public n’exploite pas nécessairement un index entièrement indépendant. DuckDuckGo possède son propre robot et plusieurs index, tout en indiquant que ses liens web classiques et ses images proviennent largement de Bing.

Ecosia s’appuie, selon le contexte, sur des résultats fournis par Bing, Google ou EUSP. Le fournisseur peut varier avec le pays, l’appareil et les paramètres de confidentialité. La documentation consultée indique que les résultats EUSP sont alors disponibles en France, ce qui interdit de traiter tous les résultats Ecosia belges comme des résultats Bing.

Vérifier l’accessibilité d’un site pour Bing peut donc servir au-delà de Bing lui-même. Cela ne permet pas d’additionner les parts de Bing, DuckDuckGo et Ecosia pour fabriquer une « part de marché de l’index Bing » : ces services assemblent leurs résultats différemment.

Et les réponses générées par IA ?

La frontière entre résultats de recherche et réponses générées évolue. Google précise que ses fonctions AI Overviews et AI Mode reposent toujours sur les bonnes pratiques de la recherche classique. Pour qu’une page puisse être citée comme lien, elle doit être indexée et autorisée à afficher un extrait ; cela ne garantit pas qu’elle apparaisse. Google n’exige aucun fichier ou balisage spécial pour ces fonctions.

Du côté de Microsoft, le rapport AI Performance, annoncé en préversion publique dans Bing Webmaster Tools, montre certaines citations de pages dans les expériences IA prises en charge. Il aide à observer une partie de la visibilité d’un site, sans mesurer toutes les réponses de tous les assistants ni les clients que ces citations apportent.

Pour une petite entreprise, le premier travail reste donc très concret : rendre ses pages accessibles, compréhensibles et utiles. Avant d’investir dans une prestation vendue comme du « référencement IA », demandez quelles observations permettront d’en juger les résultats.

Que vérifier sur votre propre site ?

Commencez par les pages qui présentent réellement votre activité : services, réalisations, informations locales et contact. Un robot doit pouvoir y accéder ; un visiteur doit comprendre rapidement ce que vous faites et où vous intervenez.

Vérifiez ensuite leur présence dans Google Search Console et Bing Webmaster Tools. Examinez les erreurs d’exploration et d’indexation, le sitemap, les redirections après un changement d’URL et les éventuelles directives qui bloquent les pages importantes. Pour les informations locales, vérifiez aussi que vos coordonnées et horaires restent corrects dans les fiches d’établissement que vous utilisez, notamment Bing Places si vous en avez une.

Un sitemap aide à découvrir des pages. IndexNow peut signaler rapidement aux moteurs participants une URL créée, modifiée ou supprimée. Aucun de ces outils ne garantit l’indexation ni une meilleure position : ils complètent un site correctement construit.

Enfin, confrontez la visibilité au résultat commercial. Quels moteurs amènent des visites pertinentes ? Quelles pages mènent à une prise de contact ? Les chiffres nationaux donnent une piste, mais seules vos données peuvent fixer les priorités de votre entreprise.

Google reste prioritaire sans être la seule porte d’entrée

En Belgique, Google domine nettement les visites issues de la recherche mesurées par StatCounter. Bing occupe cependant une place notable sur ordinateur, alimente une partie des résultats d’autres services, et Apple possède ses propres fonctions de découverte du Web.

Il n’est pas nécessaire de fabriquer une version de votre site pour chaque écosystème. Faites d’abord en sorte que ses pages importantes puissent être découvertes et comprises, puis suivez ce qui se passe dans Google et Bing. Complétez ces vérifications selon votre public, vos données et les problèmes observés.

Chez Avenue du Web, c’est le type de vérification que je préfère aux promesses de visibilité universelle : identifier les obstacles réels et décider quelles améliorations valent le temps investi. Parlons de votre site si vous souhaitez faire le point.